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 Allez j'inaugure

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Wivi
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Messages : 761
Date d'inscription : 23/07/2009

MessageSujet: Allez j'inaugure   Sam 25 Juil - 20:13

J'ai jamais aimé les O, j'ai toujours préféré les 1 (le chiffre divin par excellence)
Soit, voilà un des mes textes. Un petite texte écrit il y a quelques mois, n'ayant rien d'autre à vous proposer de plus récent.


J’attends un train qui ne viendra pas.
J’attends. Je patiente et j’espère la venue d’un train qui pourtant n’apparaitra jamais plus. Jamais plus. J’attends.
Autour de moi, c’est la folie. Le monde grouille, tourbillonne, s’agite. On parle, on gronde. On crie, on hurle. On ricane, on cancane. On chante, on rit. On s’amuse. Excepté moi. Tout va si vite ! On se pousse, on se trémousse. On se bouscule, on dégringole. Tout s’emporte et se disloque. Excepté moi. Je demeure immobile au sein de cette effervescence qui jamais ne s’apaise. Je reste prisonnier de ce mouvement qui jamais ne commence ni ne finit. Je suis assis. Et la vie évolue. Sans moi. Une vie vide, une vie vaine, abandonnée au large sans personne au gouvernail. Sans moi. Un moi qui attend toujours, qui attend un train qui ne viendra pas, qui ne viendra plus. Un train que j’ai laissé filer. Sans moi.
Hélas ! Que n’ai-je pu y monter à temps. Que n’ai-je pu empêcher ses portes de se refermer. Il était là. Ici. Devant moi. O comme je le regrette. Comme je déplore m’être trop précipité.
Un matin, mon train fut annoncé pour un voyage sans retour au pays des merveilles. Là où tous les possibles sont permis et que chacun rêve de cueillir sans plus attendre. Je me suis hâté de prendre le train de mon existence. Je me suis rué dans la foule, j’ai joué des pieds et des mains pour atteindre ma voie. Mais dans mon impatience, j’ai oublié les escaliers. Ces trois marches qui retardent à coup sûr notre départ. Ces quelques hésitations qui nous font regarder l’heure et nous dire : « N’est-il pas bien assez tôt pour prendre le train ? N’ai-je pas encore des minutes à moi ? » Je les ai crues, ces petites minutes de sursis. Je me suis arrêté en haut des marches et j’ai attendu. Attendu. J’attends toujours un train parti qui ne reviendra pas.
Ah comme je me repends de mon étourderie. Trois marches. Trois seulement me séparaient de mon but. Je les ai oubliées. J’ai attendu la bonne heure. Et je me suis assoupi. A mon réveil, le train était là qui fumait. Devant moi. A quelques pas seulement. Dans l’anxiété, j’ai tressauté. J’eus peur soudain de le rater. Et j’ai sauté. Mais dans l’intervalle, le train était déjà loin.
Jadis, je l’avais attendu avec impatience. Aujourd’hui, je guette sans plus d’espoir un horizon vide de possibles. Je les vois s’éteindre progressivement à mesure que les heures passent, à mesure que les larmes s’écoulent. Lentement, tout s’efface. Longuement, je patiente. Dans un brouillard de regret, je continue d’espérer un train qui ne viendra pas.
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