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 Nina et Manu (théme imposé)

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lulli
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Messages : 757
Date d'inscription : 23/07/2009

MessageSujet: Nina et Manu (théme imposé)   Ven 4 Sep - 5:59

Ils ne se savaient pas, reniflant au hasard de leurs délires perdus, ils ne se savaient pas ne pas être seuls. Ils pensaient que la solitude c’était à vie, la vie, vivre seul. Esseulés. Ils ne se savaient pas capables d’autre chose. Personne ne leurs avaient dit qu’ils n’étaient pas les seuls. Non, non, pas du tout les seuls. Ils erraient dans les rues de Paris dévastés par la lèpre de leurs pensées sclérosées. Paris, lumière d’ombre et de grincement de dent au rythme des talons hauts. Ils tanguaient, qui de droite, qui de gauche, en sourires gênés. Elle tanguait en pensant à ses épaules trop fortes, à sa taille peu marquée, elle, juchée sur aiguille fine en possible rupture. Il tanguait lui aussi dans ses vêtements serrés, étouffante singerie où la pince manque un peu mais le style est si beau ! Oui, ils tanguent tous ces fantômes étranges que seules les grandes villes cachent et protègent, lynchent et oublient. Ils tanguent tous, cœur en alerte permanente, fatigue à fleur de peau travaillée, trop recherchée. Ils se croient seuls, ils sont milliers à hésiter. Elle se fait appeler Nina, il se fait prénommer Manu. Nina à une grand-mère Nina, Manu n’a personne, alors il à choisi tout seul. Comme toujours depuis qu’il a été chassé. Ils tanguent en parallèle dans les rues éclairés cherchant les mêmes aides qui tardent à venir. Il ne sait plus rêver dans son étouffement, elle ne sait qu’imaginer dans ces jolies paillettes.

Le temps est en suspens parfois entre deux voitures arrêtées. Et la pause est si longue qu’au fond tout est possible dans la maigre seconde qui finit par un ‘tac’ à en crever vos tympans. Tout est brume sur la butte quand le soleil flirte avec la lune et se pend à son rideau bleuté de zébrure blanche. Tous tanguent toujours. Ceux là juste un peu plus que d’autres, perdus entre des moules qui les laissent perplexe. Elle hésite à en rire quand on lui dit qu’être soit c’est ne pas se maquiller et ne pas porter de jupe, il en pleure de haine et de rage contenue quand on lui répète que son parfum n’est pas pour lui qu’il devrait préférer au musc la senteur des lavandes et de la vanille. Ils se perdent dans les marches, ne sachant plus si ils grimpent ou descendent. Ils ne se connaissent pas, ne se connaîtrons pas. Ils sont les mêmes et pas tout à fait. Elle aime et c’est cela qui l’aide. Il haït et il se déteste d’autant plus. Elle l’aime autant qu’il n’en sait rien. Il n’aime tellement pas son reflet qu’il pourrait bien l’effacer d’un coup de sabre bien placé. Il étouffe dans son corset étrange, elle rigole dans ses tenus légères, ils se croisent sans se savoir. Le temps ne suspend pas son cours, ils sont à Montmartre, au centre des passants, se croyant regardés, elle flattée, lui déconcerté.

Si Nina avait vu Manu, Manu l’aurait su. Si ces deux là s’était rencontrés ils se seraient troublés comme l’eau calcaire. Qu’ils se rencontrent donc pour le bien de l’histoire, je les séparerai plus tard. A regarder le sol, Manu faillit rentrer dans Nina la bringuebalante. Il allait s’excuser quand il entendit un rire clair et direct. Nina, l’explosive, l’avait trouvé très drôle ce bougre les yeux à terre, si hésitant. Il se sentit heurté de plein fouet, se pliât encore plus vers la terre, pensât s’enfuir, s’enfouir… Elle ne lui en laissât pas le temps le prenant par un bras, sûr d’elle, qu’il était petit, qu’elle était grande ! Ils se regardèrent longtemps. Elle rassurante, lui surpris. C’est d’ailleurs Nina qui l’emmenât d’un pas décidé a un des beaux cafés du bas de la butte, un de ceux qui ne donnent pas complètement sur Pigalle mais qui gardent un regard bienveillant, une vitrine par là bas… Manu tétanisé regardait Nina minauder avec le serveur pour avoir s’il-vous-plait non pas une mais deux rondelles de citron dans son coca ligth sans glace. Il commandât un café très sérré et corsé, corseté pensât-il. Le silence étant leur habitude, ils prirent leurs temps. Elle se dévoilât peu, il ne dit presque rien. Pas de question, pas de réponse. Ils savaient que l’autre comprenait mieux que quiconque leurs errances. Elle souriait, il se crispait. Il souriait, elle rougissait. Ils ne s’aimaient pas beaucoup, comprendre l’autre peu être fatiguant parfois. Ils ne s’aimaient que trop. Ils ne se connaissaient pas. Sur les marches, au hasard, s’ils s’étaient croisé ils auraient nécessairement cru en l’amour, voulut y voir clair, pensé que l’autre enfin serait là, celui là même. Dans le miroir déformé, ils se seraient noyés… l’un dans l’autre, noyés. Ils auraient pu être amis-confidents-confiants, oui, cela bien sur, dans le creux de l’oreille tout bas, dire les mêmes choses en boucle et écouter un peu l’autre les répéter. Douceur et tendresse d’une main sur l’épaule, d’une larme sur la joue, d’un fou rire ou d’un soupir. Ah ! Mais comme je vous l’ai déjà dit plus haut, ces deux là se croisèrent. Sans se voir.

A regarder le sol il ne l'a pas vu mais il ne l'a pas non plus frôlée. Habitué qu’il était a marcher ainsi ! Et elle, elle ne l'a pas plus vu, tête si haute et si droite, se pavanant, que l’asticot courbé vers le sol n’a su retenir son attention ! Continuons à les suivre dans leurs dérives distinctes. Elle toujours un peu à l’affût, une proie qui se comporterait en prédateur. Et lui, voulant la discrétion à tout prix et se mettant ainsi en lumière et dissonance. Elle marchait ainsi sur les pavés inégaux, s’éloignant de lui sans même le savoir. Elle marchait. Sans regarder de droite ou de gauche. A peine si elle jetait un coup d’œil à la beauté de Paris. Elle cavalait dans les rues tortueuses, repassant devant la halle Saint-Pierre deux fois avant d’y entrer pour en ressortir aussitôt, étouffée par les étoffes bigarrées. Toujours aussi instable elle entreprit de traverser hardiment. Elle retient un cri dans le bruit du strident d’un freinage, tout à son déséquilibre, le talon pris entre deux pavés… Il n’était pas très loin d’elle mais ne vit la scène que par les sons qui s’en dégageaient avant de décider de poursuivre sa route vers les hauteurs, à la recherche du passe muraille, celui qui, différent, n’avait su être prudent. Le chauffeur essoufflé sortit de sa voiture, c’est qu’il n’allait pas vite, qu’il n’avait pas voulut, qu’il… Elle se massait la cheville sans grimacer, retenant son souffle. Il rougit violemment en lui tendant une main salutaire. Des klaxons s’impatientaient, il lui offrit de partir avec lui. Elle le suivit. Manu lui avait choisi la voix des airs et semblait perdu dans ses rêveries. Il ne cherchait pas vraiment, à chaque fois c’est par hasard qu’il tombait dessus. Le haut relief de métal sortant d’un mur en pierre le faisait toujours sourire avant de repartir dans le flot des touristes impatients d’être si haut là haut. Ce jour là, tête baisé il vit de belles chaussures sombres et eu juste le temps d’éviter l’impact. Les chaussures étaient à un homme qui prenait en photo le haut relief recherché. Jeune homme intrigant et classe, la chemise claire et la cravate assortie aux gants. Il sourit à Manu qui lui répondit, un peu rougissant, un brin étonné. L’homme lui désignât la statue et lui demandât avec un accent anglais s’il en connaissait l’histoire. Manu n’hésitât pas longtemps à prendre la parole tant cette histoire il l’aimait. Car il restait bloqué, bloqué d’avoir pris ces médicaments, d’avoir voulut négligemment se soigner… ça Manu ça le réconfortait parce qu’il ne pensait pas être malade, pas envie de voir de médecin, de psy ou de conseiller, non ça, pas le moins du monde ! Pas envie de rester emmuré, de ne plus pouvoir sortir à nouveau, trapte Monsieur, trapte. Sourires et silences. Nina monte dans la voiture de l’homme, le suit, oui, confiante et souriante. Il l’entraîne sans traîne dans son antre. Un café. Vu sur moulin. Elle tout sourire, lui tout en coin. Manu baise les yeux à nouveau, Monsieur lui propose d’allez boire un verre, discuter, d’écouter à deux le bruit des conversations, oui, faire connaissance. Il refuse puis il accepte. Monsieur le conduit à un petit lieu devant lequel les fumeurs tapent du pied pour se tenir chaud et soupirent dans l’odeur acre. Manu retient sa respiration et entre à la suite de son guide. Ils s’installent face à face à l’écart, un peu. Manu mal à l’aise mais dans l’ombre se sent rassuré. Elle cavale de sourire en sourire. Les ailes du moulin immobile lui font de l’œil. Elle rit un peu trop fort et trop aiguë. Il la regarde, la dévore. La fait sienne presque et elle joue le jeu, du pied qui se frôle, de l’œil humide, d’un sourire ravageur, d’une gêne feinte. Elle ne lui dit rien, il fait la conversation. La compare à ses idoles, la trouve à son goût pour toujours. Elle veut y croire. Mais n’ose parler. Dans le petit café, Manu à commandé un café corseté ce qui fit sourire le jeune homme qui avait une taille légèrement marquée et qui dit à mi voix aimer en porter. Nina avait demandé un scotch double face ce qui avait fait éclater d’un rire un peu gras son compagnon condescendant. Elle le trouvait pas très beau mais sympathique. Elle s’inventait un monde et lui en profitait, beau rôle de beau parleur. Il se fit indiscret. Manu sourit au jeune homme en lui disant qu’il n’en porterait pas pour le plaisir, ça non, quel étouffement supplémentaire… En se penchant vers lui le jeune homme soulevât un temps bref son haut montrant un corset blanc à lacets. Sans trop réfléchir Manu tira sur son col laissant apparaître un bandage. Il s’en voulu aussitôt, rougit. Son jeune ami posât sa main sur son épaule. Tout allait bien. Nina devient grave d’un coup et voulut partir sans rien expliquer. Son bellâtre la reteint par la main. Elle frissonnât et se penchât vers lui, hésitât. Mariée, c’est tout ce qu’elle avait trouvé, il la repoussât violemment. La main sur son épaule lui tenait chaud, il sourit en baissant les yeux. Le jeune homme, passât furtivement le dos de sa main sur sa joue avant de commander un nouveau verre. Manu étouffait, confus. Elle sortit d’un bon, féline et agacée, mariée, la seule excuse qu’elle est trouvé, lamentable. Nina enrageait de ne pas l’avoir brisé, de ne pas lui avoir fait crever ces yeux de cabillot mal luné. Oui, elle s’en voulait de l’avoir suivie. Il s’approchât de Manu et lui tendit son verre, ils discutèrent longtemps en deux langues et sourires. Nina marchait à l’aveugle, les talons claquants, elle se détestait bien un peu. Elle était fâchée, fâchée d’avoir été tromper. Son regard sur ses seins… Il n’avait donc pas vu qu’ils étaient faux ? que pensait-il au juste ? que coulait-il d’elle ? Dégoût. Nina marchât et finit par s’effondrer dans un café calme de la bute. Manu la vis entrer, l’air défait, il fronçât un sourcil écoutant son ami. Elle ne le vis pas, son regard un brin ternie ne se posât que sur son verre de kir au cassis. Manu souriant, répondait et relançait la discutions, il souriait, son jeune ami ne se fit pas plus entreprenant, entre eux, tout était dit, pas besoin de plus, ils avaient déjà tout. C’est pourquoi Manu vit Nina. C’est pourquoi Manu, prit de folie, se levât lentement, s’excusant un instant, et lui tendit une main sur. Elle ne le vit pas venir mais sursautât à son salut étrange. Manu lui sourit, Nina se rétractât tel un porcépic. Il se regardât dans ce reflet féminin, lui le peureux joué par elle. Il lui dit un mot, un tout petit mot d’invite. Elle le suivit à sa table, le jeune homme interrogeât Manu du regard qui ne fit que sourire. La discution voguât de rive en rive, de mots en mots. Ils étaient déjà tard. Nina ne parlât presque pas. Manu utilisât à merveille le ton de Cyrano. Le jeune homme anglais faillit les abandonner là quand Manu mis sa main dans la sienne. Nina respirât à nouveau, Manu rougit, l’anglais sourit. A nouveau à leur place, Nina reprenant le dessus et balayant l’avant, Manu tremblant tel un roseau dans le vent, et lui, le jeune homme, comme il avait toujours été, amoureux d’un inconnu.
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Wivi
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MessageSujet: Re: Nina et Manu (théme imposé)   Sam 19 Sep - 10:45

Il est bien le texte. Quoique vers la fin, j'ai eu un peu de mal à tout comprendre. Nina, c'est un homme ou pas ? (Il a des faux seins à ce que j'ai cru comprendre) Pourquoi Nina a voulu partir sans s'expliquer ?
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lulli
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MessageSujet: Re: Nina et Manu (théme imposé)   Mer 23 Sep - 3:10

Nina, Manu, ce ne sont ni un homme, ni une femme. Ce sont des etres ibrides mal dans leur peau... pas besoin quelle s`explique, puisquelle se retrouve, forte a nouveau...
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