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 Un jour, une nuit

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Wivi
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Messages : 761
Date d'inscription : 23/07/2009

MessageSujet: Un jour, une nuit   Lun 2 Aoû - 20:29

Parce qu’elle était amoureuse, elle ne savait pas. Elle ignorait la véritable nature du regard qu’il posait sur elle. Elle ne voyait que lui, que ses yeux, sa bouche, son nez. Et elle les aimait. Mais lui ne voyait qu’elle, tout entière. Il ne la connaissait pas. Elle faisait pourtant partie de sa classe. Son siège n’était qu’à quelques pas de lui. Sur la droite. Près de la fenêtre. Souvent, il regardait dans cette direction. Ses yeux se fixaient sur le terrain déserté de la cour, au-delà de son banc, de ses yeux, à elle, qui l’observaient. Elle n’était qu’une ombre, une présence anonyme, un nom vide de sens. Il ne l’aimait pas. Et elle, elle l’ignorait, parce qu’elle était pleine de désir, tendue comme un arc, étourdie par son odeur. Elle l’aimait.

Heureuse le jour, malheureuse la nuit, elle pleurait souvent. Elle n’osait se montrer, se déclarer. La présence de l’autre l’effrayait. Jeanne. La jeune fille aux cheveux blonds. Belle, sublime. Elle irradiait tel un soleil du Midi. Elle savait que Jeanne l’aimait.

Elle savait aussi qu’elle n’était pas blonde, qu’elle était brune, pâle, insignifiante, telle la lune dont on oublie la présence à force de la voir. Discrète, invisible, elle demeure pourtant. Elle respire, oubliée de tous. Elle était la lune. Jeanne était le soleil. La nuit. Le jour. Elle pleurait. Elle riait. Elle aurait voulu le lui dire, mais n’osait, parce que le jour est le domaine du soleil, parce que la lune y est bannie. Heureuse le jour, la blonde se déclarait, se montrait, lui disait à qu’elle point elle l’aimait. Malheureuse la nuit, la brune se désolait et chantait seule, si seule, la force de son amour. Elle espérait tant. Pour rien. Le soleil était plus fort que tout.

Un jour, le soleil ne réapparut pas. Il s’en était allé pour toujours, laissant place à la nuit, à la froide lune désolée. Une voiture, une simple voiture qui revenait de chez Bill. Ils n’avaient pas vu le tournant. Il pleuvait dru cette nuit-là. Un temps de larmes, de lune. Le soleil n’aurait jamais dû y pointer le bout de son rayon. Le véhicule a glissé, s’est retourné, s’est écrasé. La chaleur fut intense. Il ne resta plus rien, qu’une carcasse, celle d’une étoile éteinte. La lune était là. Elle a tout vu, discrète, invisible, toujours bien présente. Elle a pleuré, de joie et de haine entremêlées. Elle l’avait tant espérée, cette nuit-là. Elle avait tant désiré voir s’éteindre cet éclat trop lumineux qui l’empêchait tout simplement de se montrer. Mais maintenant elle était là, et elle pleurait. Elle le voyait la regarder, lui qui prenait subitement conscience de sa présence. Il n’avait pas assisté à la scène. Il ne l’avait su que le lendemain. Il n’avait pas pu se rendre chez Bill, cette nuit-là. Sa voiture était restée coincée dans la boue. Non, il n’en avait rien su, jusqu’au lendemain du jour où le soleil ne réapparut plus. Elle le voyait l’observer pour la première et dernière fois, cette première fois où son cœur se fendit en deux, où ses yeux s’agrandirent et y virent dans ce regard d’homme toute la haine que lui inspirait cette soudaine tristesse, intenable, indicible, une souffrance telle qu’elle voilait jusqu’au dernier astre nocturne. Une obscurité sans fond. Elle voyait tout cela. Et elle le déplorait. La lune pleura pour la dernière fois. Car elle sut. Parce que son désir se déchira, son arc se détendit, elle sut qu’il ne l’aimait pas, qu’il ne l’aimerait jamais. Elle était amoureuse mais pour la première et dernière fois, elle vit clair dans ce regard qu’elle avait tant adoré. Une accusation injuste dardait son épine contre son cœur. Une attaque, un choc, un cri.

- Je ne l’ai jamais voulu.

Mensonge, mensonge, que tout cela. Tu y étais. Tu as tout vu. Oui, j’ai tout vu. Et je n’ai rien pu faire. Personne ne l’aurait pu. Ce fut si soudain.

- La nuit, la nuit m’a tout pris. Tu m’as tout pris.

- Je l’ignorais. Crois-moi, je ne l’ai jamais voulu.

- Mensonge ! Mensonge !

Je l’ignorais jusqu’à ce jour, jusqu’à ce que l’éclat disparaisse de tes yeux. Oui, je ne le savais pas. Je t’aimais. Je t’ai aimé. Mais jamais – O jamais ! - je n’ai désiré que la nuit prenne possession de ton âme. Jamais.

- Il est trop tard à présent. Trop tard.

Elle a regardé pour la dernière fois ses yeux s’enfoncer dans l’abysse interminable. L’ultime éclat, le sien, y a brillé. Bientôt ce ne fut plus que cris, hurlements et douleurs insurmontables. La nuit devenue éternelle frissonna et enveloppa cet être en déroute. Là, fidèle à elle-même, la lune l’observait, cet homme devenu bête. Elle le fixait de son regard mélancolique et triste. Elle chantait, gémissait avec lui. Silencieuse, discrète, elle le laissait la haïr pour toujours.
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lulli
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MessageSujet: Re: Un jour, une nuit   Sam 28 Aoû - 14:00

un peu cou de poing, j'ai eu du mal à entré, un peu... du mal avec la métaphore filé qui n'en fini pas... Mais en même temps ça danse, ça vie, c'est fort...
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Wivi
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MessageSujet: Re: Un jour, une nuit   Sam 28 Aoû - 15:42

Un texte un peu brouillon, je m'en rends compte maintenant. Je pense qu'il a du potentiel mais qu'il est à retravailler. Mes neurones sont en train de réfléchir à un développement alternatif.
Merci de m'avoir lue ^^
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lulli
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MessageSujet: Re: Un jour, une nuit   Dim 29 Aoû - 23:30

j'ai aimé l'idée de base, certain passage.. mais trouver ça un peu long je crois... et oui, des fois faut retravailler un peu (rire, je suis faignace au possible pour ma part)
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MessageSujet: Re: Un jour, une nuit   

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